Gourmandises en rafale

6 Juin

Ce que j’aime découvrir les produits d’ici! Et il y en a à l’infini! Même dans les machines distributrices!

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La Danette à la vanille, la femme du chocolat. C’est un peu comme les pouding de chez nous, en fait. Rien de révolutionnaire.

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Les Chipsters, GROS coup de coeur. C’est salé, c’est gras, mais c’est tout de même léger et c’est vraiment difficile de s’arrêter! (En plus, ça rime).

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Les Canelés au rhum de Bordeaux (pas le rhum, les canelés!) sont difficile à décrire car il n’existe rien de semblable chez nous. Je n’aime pas l’alcool dans les desserts. Mais les canelés sont frais, alvéolés, un peu comme la texture d’une roussette de Timl Horton’s. Mais en plus artisanal. Le goût du rhum est présent mais on ne détecte que son goût sucré, pas l’arrière goût de l’alcool. J’aime sa version mini. Je ne sais pas si je pourrais terminer sa version maxi.

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C’est ce que je mange tous les matins! Imaginez du pain de mie de chez nous, mais avec 80% de matières grasses et de la confiture dessus. C’est moelleux mais très léger. Sauf en calorie. J’adore.

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Mon expérience avec la Milka n’a pas été concluante. J’avais un creux au travail donc je me suis laissée tenter. Jusqu’à ce que je me rappelle que j’étais dans un autre pays que le mien, et qu’il fallait que je m’attarde longuement aux ingrédients avant de pouvoir goûter (je suis allergique aux arachides, amandes, noix…). Bouchée de chocolat en mastiquation, je l’ai recrachée de suite lorsque j’ai réalisé qu’il y avait de la pâte de noisettes. Plus de peur que de mal.Pour ce que j’en ai goûté, c’est clairement overrated.

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Des bouchées de saucisson bien gras à manger à l’apéro ou à toute heure du jour et de la nuit. Ai-je besoin d’en dire plus?

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Ici, on mange plus sucré que salé lorsqu’on a envie d’une collation en journée. Des madeleinettes trempées dans du chocolat chaud. Une collation de luxe mais à répéter encore et encore et encore et…

Une journée de congé – Open Tour

30 Mai

Avoir congé un mercredi alors que les rayons de soleil transpercent toute la ville et qu’on annonce 27 degrés pour l’après-midi, c’est génial. Ça permet aussi de visiter des endroits à Paris qui seront moins bondés, de pouvoir prendre les transports en commun sans devoir se rentrer le ventre pour entrer dans le train et de ne pas faire trois heures de queue pour acheter un croissant. Ah, non, faut faire quand même la queue. Partout, tout le temps. Sauf pour entrer dans le bus.

J’avais pour mission de téléphoner plusieurs agences afin d’obtenir des rendez-vous pour visiter des appartements. J’ai réussi à joindre une gentille dame à 9h20 qui m’a offert de visiter l’appartement que l’on préfère pour l’instant. J’espère très fort que ça fonctionne! Même si on sera officiellement pauvres. Car en région parisienne, pour louer un appart, il faut: 750 euros de frais d’agence, 850 euros de caution (si l’on brise quelque chose pendant notre séjour, le propriétaire encaissera ce montant) et le premier mois de loyer. Et encore, on a été chanceux parce que certaines agences ont des honoraires de plus de 1000 euros et il faut parfois avancer trois mois de loyer pour réserver un appartement. Ce sera pâtes au beurre pendant quelques temps parce que nos salaires des prochains mois seront destinés à meubler notre potentiel logement. Et en France, on reçoit un salaire mensuel. Ça complique légèrement l’organisation du budget.

Comme j’avais le reste de la journée libre, je me suis baladée dans Paris. J’avais envie de voir la ville en entier mais mes jambes m’ont averties qu’elles ne suivraient pas toute la journée. Je me suis rendue au métro Opéra pour prendre le Open bus. Il s’agit d’une entreprise qui offre des visite guidée de Paris dans de chouettes bus à deux étages à la londonienne. Leur système de guide avec des écouteurs est vraiment nul et pas du tout fonctionnel mais c’est si agréable de s’installer en haut, de bronzer et de voir Paris comme si on était dans une bulle extérieure, comme si on en faisait pas partie et l’on était supérieur aux autres!

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Un autre truc vraiment bien avec le bus à deux étages, c’est qu’il permet d’apercevoir les fesses du Penseur de Rodin, et d’éviter de payer les droits d’entrée du musée.

Il est permis de descendre et de monter à son aise, aux 50 arrêts disponibles dans tout Paris.

Retour au boulot demain pleine de coups de soleil et bien crevée d’avoir marché toute la journée!

Open Tour Paris – 31 euros la journée

http://www.parislopentour.com/paris-accueil.php

Des nouvelles (again)!

26 Mai

Le boulot
A mon boulot, tout se passe bien. Mes collègues sont géniales. Je dois avouer être un peu la chouchou auprès des clients ces jours-ci grâce à mes origines et mon accent. Le Canada fait tant rêver les français!
L’Homme a trouvé un contrat à durée indéterminée. Il fera du soutien informatique pour un porte-feuille de clients. Il a bien hâte de commencer sa formation mardi prochain (lundi c’est ENCORE férié ici).

Appartement

J’ai trèèèèèèèès hâte que l’on trouve un appartement. Nous allons devoir prendre ce qui passe car nous recherchons un appartement meublé et c’est assez rare. On va probablement devoir louer un placard pour une fortune. Il faut dire que tout est petit ici de toute façon (voir En rafale plus bas).

Résidence permanente
Nous sommes en train de réunir tout ce qu’il faut pour faire la demande de RP par parrainage. Apparemment, c’est plus rapide depuis Paris et on en aurait pour maximum 9 mois. Mon contrat de travail se termine dans 6 mois mais l’Homme doit rester au moins 1 an à son poste sinon il doit rembourser le prix de sa formation. Nous éprouvons en fait quelques problèmes de coordination entre la durée du bail, mon contrat de travail et ses clauses du contrat!

Mamma Mia!
Je vais voir la comédie musicale Mamma Mia! au théâtre Mogador ce dimanche à Paris et Louis-José Houde le 9 juin au Point Virgule! C’est trop bien de sortir et d’être au courant de tout ce qui se passe de culturel grâce à mon travail!

Kraft Diner
Très envie d’en manger. Ainsi que toutes les spécialités nord-américaines bien grasses de chez nous. Même le McDo goûte différent ici. Mais j’avoue qu’il est d’ailleurs meilleur. C’est du McDo de luxe! La viande est bien blanche (le poulet là, hein!) la sauce du McPoulet est citronnée et poivrée, en fait, c’est assaisonné au lieu de goûter que le gras et le sel. On s’entend, c’est du McDo. Mais il rassasie. Contrairement à chez nous où il est juste bourré de sel (mais tout de même irrésistible).

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En rafale:

-Les douches sont si petites ici que quand je me penche pour me raser les jambes, j’ai le robinet dans le cul.

-Les transports en commun de France font partie des plus évolués au monde, mais sont des moins efficaces. Trois problèmes en trois jours sur ma ligne de RER. J’aurais jamais pu croire m’ennuyer de la STM un jour.

-Je bouffe beaucoup trop de chocolat Lindt à la crème brûlée pour compenser le nombre de fois où j’en ai parlé au Québec.

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-Criss que du Kraft Diner ce serait bon avec un verre de rosé.

-Obligée de m’acheter des fibres en comprimés pour faire passer tout le pain et le fromage que je mange à chaque jour, si vous voyez ce que je veux dire. DIVERSITÉ dans la nourriture, les français, DI-VER-SI-TÉ esti!

-Je pensais que les parisiennes étaient ultra minces parce qu’elles ne mangeaient pas. En fait, c’est parce qu’elles doivent affronter les 12 857 marches des sorties de métro. Je n’ai pas encore fait de crise d’asthme et c’est un miracle.

-Tous les magasins sont fermés le dimanche, le soir après 19h, entre 12h et 14h pour l’heure du lunch et lors des 306 jours fériés par année. Pour arriver à faire ses courses, il faut être chômeur. Donc, il faut être sans emploi pour pouvoir dépenser de l’argent. Le peuple français est le plus illogique que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Découverte de la gastronomie française (ou pas)

21 Mai

Si la France est reconnue pour sa maîtrise de la cuisine, elle remporte également la palme en ce qui concerne les produits cochons et décadents. Je connaissais déjà la fascination des français pour les yaourts et autres desserts mous parce que plusieurs de mes amis gaulois se plaignaient du manque de choix à Montréal. J’ignorais toutefois à quel point les étalages des supermarchés regorgeaient de produits transformés et surtout l’intensité de l’influence américaine, qui a accouché de produits terriblement bons.

Bien sûr, on ne peut parler de gastronomie française et passer sous silence son obsession pour le pain et les fromages (parlez-en d’ailleurs à mon système digestif), mais j’ai envie de vous présenter des produits insolites qui vous feront mordre votre poing de désir.

Le yaourt kit-kat en est un excellent exemple. Yogourt à la vanille ultra-crémeux d’un côté, bouchées de kit-kat de l’autre, à mélanger ensemble pour un mariage sublime.

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Les Pingui me rendent folle. Je devrai en importer lorsque nous serons de retour au Québec. Douce mousse de lait, génoise très moelleuse et flocon de coco sur un enrobage chocolaté… Kinder est le maître de la gourmandise ici.

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La Danette au chocolat n’a plus besoin de présentation. Elle pourrait s’apparenter au pouding au chocolat nord-américain mais en un peu plus liquide et en beaucoup plus chocolaté. Divin. Il existe aussi plusieurs marques de Liégeois: crème au chocolat type Danette mais avec chantilly dessus.

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Finalement, je n’en suis qu’à mes débuts en dégustation de biscuits mais les Déli-Choc Speculoos et chocolat sont un délice. Le Speculoos est en fait composé de cannelle et autres épices réconfortante. Il est même recomposé en pâte à tartiner! Dans la version Déli-Choc, on y a posé un morceau de chocolat. J’ai louché sur des Déli-Choc au coconut et chocolat, je vous en reparlerai.

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20120521-171413.jpg (Pingui en dégustation)

Le Balabus et la crêperie Cluny Café

20 Mai

Ce qui me plaît sacrément de Paris, c’est la possibilité infinie de s’y perdre, d’y plonger tête première sans aucun itinéraire précis et de découvrir des petits bijoux d’endroits par hasard. La météo n’est pas à la hauteur de celle de Montréal ces jours-ci (bande de chanceux, 28 degrés et soleil éclatant!) mais j’ai décidé de la défier en agissant comme si la pluie n’existait pas. Ça a fonctionné! Aujourd’hui, en tout cas. Dans mon guide « Paris pas cher 2012 », j’avais déjà remarqué un article expliquant l’utilité de la ligne Balabus. Il s’agit en fait d’une ligne de bus normale, accessible avec le pass Navigo (carte Opus), qui sert tous les principales attractions touristiques de Paris. Attention, cette ligne est en service le dimanche et les jours fériés, de 12h30 à 20 heures uniquement! Nous sommes embarqués à la gare d’autobus de La Défense mais il est possible de le faire au terminus, à la Gare de Lyon. Comme les concepts de bus touristiques à deux étages, l’intérêt est de descendre à un arrêt de votre choix mais de reprendre le bus ensuite pour continuer le circuit.

L’Homme et moi sommes débarqués à Notre-Dame. Alors que nous tentions de nous orienter avec nos cartes et GPS, nous avons bifurqué sur une coquette ruelle où reposaient pleins de petits restaurants abordables, cafés typiques, pâtisseries et brasseries. Et il y avait la crêperie Cluny Café. L’Homme avait faim, j’étais bien pleine mais avide de découvrir de nouvelles saveurs. Crêpe chocolat-banane-chantilly pour lui (assez banal, je l’avoue) et incroyable crêpe au caramel au beurre salé avec boule de glace artisanale à la vanille.

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Je vous ordonne de prendre la même chose. Je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon (sauf peut-être…enfin bref). C’était tout simplement divin. Puisque je suis allergique à tous les fruits à coque, j’ai dû demandé aux membres du personnel de faire attention lors de la confection de mon dessert. Ils ont été compréhensifs et sympathiques. Et les prix sont plus que raisonnables, mis à part le Perrier à 4.40€: 7.50€ pour la Salidou (caramel) et 6.20€ pour la Banane-Choco-Chantilly (Taxes et pourboires inclus).

Balabus

http://www.ratp.fr/fr/ratp/c_22257/balabus/

La crêperie Cluny Café – 5e arrondissement

20, rue de la Harpe

75005 Paris

01 43 26 08 38

De brèves nouvelles et un résumé de ma première semaine à Paris

19 Mai

Jour 1 en France – La déprime
Les premières heures passées en France ont été difficiles. Je ne m’attendait pas à souffrir autant de quitter ma famille parce que j’attendais impatiemment depuis longtemps le jour où je m’envolerais pour découvrir la vie française et explorer chaque centimètre de Paris. Moi qui était fière de diffuser les avantages nombreux de la France, je me suis surprise à rechercher les reflets nord-américains dans la nourriture, l’architecture ( je travaille près de La Défense, quartier des affaires plein de buildings, merci!), les coutumes et même la musique à la radio. Ce qui m’était alors indifférente me manque atrocement. Il paraît que c’est normal. Mon état s’est grandement amélioré lorsque j’ai décidé de visiter Paris toute seule et d’affronter les couloirs interminables du métro. C’est un sentiment de fierté qui s’installe peu à peu parce que, je ne le réalisais pas avant, j’ai tout de même accompli quelque chose de majeur: effacer tous mes repères et me jeter dans le vide. J’essaie de garder la tête haute à chaque instant! (J’ai d’ailleurs aussi réussi à combattre une ÉNORME limace qui menaçait de me blesser lorsque je l’ai surprise accrochée à ma chaussure l’autre soir).

Le boulot
Je suis chanceuse. Je suis arrivée à Paris samedi matin dernier, j’ai eu un entretien lundi après-midi et mercredi matin je commençais à travailler. Il ne s’agit évidemment pas de l’emploi idéal (surtout point de vue salarial) mais jusqu’à maintenant je m’y plait! Mes collègues sont adorable et se font un malin plaisir d’imiter mon accent! Certains clients reconnaissent tout de suite d’où je viens et me demandent des conseils sur leurs prochaines vacances! Les conditions de travail ici sont incroyables. 50% de mon titre de séjour mensuel est remboursé ( je paie donc 60 euros au lieu de 111 pour les 5 zones desservies par les trains de banlieue, le RER, le métro et les bus), j’ai également près de six semaines de vacances payées, mutuelle (lunettes, dentiste), cantine où un repas complet me coûte 3 euros et mon employeur en paie 4!… Je crois avoir plus d’avantages sociaux que ma mère qui travaille dans la même entreprise depuis 20 ans. J’ai dit que j’avais eu de la chance car j’ai pu rencontrer virtuellement un couple de français à l’aube de s’envoler pour Montréal. C’est donc grâce à eux si j’ai pu avoir un entretien et acquérir une expérience professionnelle aussi vite!

Le château de Versailles
Mercredi dernier était (encore) un jour férié en France. Joie! L’occasion pour moi de jouer à l’exploratrice et de traîner l’Homme dans des endroits bondés, hors de prix, qu’il a vu mille fois, outrageusement clichés dont le château de Versailles fait partie! Après avoir attendu près de deux heures pour acheter son billet à 15 euros (apparemment les moins de 26 ans, titulaires d’un visa de long séjour, entrent gratuitement car je n’ai pas payé! hihi) et attendu ensuite pour pouvoir entrer dans le shack, il a fallu surmonter la foule de touristes (majoritairement asiatiques) agglutinés devant le lit du roi et refusaient d’avancer pour prendre trente photos sous le même angle en faisant bien attention de nous piler sur les orteils sans s’excuser et de nous faire déguster à pleine bouche leur sac à dos. Sinon, c’est majestueux (!), c’est évident mais on en voit si peu! J’aurais voulu voir les cuisines et autres pièces fonctionnelles de l’époque. Ça vaut la peine d’y aller une fois mais je n’y retournerai pas avant un moment, sauf peut-être pour vagabonder dans les jardins!

La foule

26 Mar

Au pied du Sacré-Cœur. Montmartre.
 
Suffoquant sous la chaleur de juillet, j’entreprends désespérément de me frayer un chemin dans cette abondance humaine. Je ne suis qu’une pauvre poussière dans un océan de gens si dense qu’il m’est impossible de bouger indépendamment des autres. On me bouscule de partout, on promène ses mains sur mon corps entier pour me pousser hors de son chemin. Je dois rejoindre une amie depuis une vingtaine de minutes déjà et je ne peux pas lui téléphoner pour la prévenir de mon retard; le piaillement des enfants, la musique du carrousel et les joueurs d’accordéon couvrent largement ma voix. J’ignore un peu pourquoi la ville est en fête et ça m’est égal. Je m’en veux d’avoir voulu exhiber mes escarpins tout neufs alors qu’on me pousse incessamment et que mon équilibre menace de me faire tomber toutes les secondes. Alors qu’en sortant de chez moi j’étais un véritable canon, je ressemble maintenant à un raton-laveur qui a la rage, le mascara jusqu’au menton et les cheveux collés sur les tempes par la transpiration. Malgré tous les emmerdements que ce rassemblement me cause, je réussis à trouver ces instants franchement romantiques. Petite femme, issue des contrées lointaines québécoises et des grands espaces, j’ai suivi mon amoureux à Paris et je profite de tout ce que me procure mon immersion dans la culture française en ravalant ma fierté et mes pensées mélancoliques.
 
Je considère rebrousser chemin et annuler mon rendez-vous lorsqu’un marchand de barbe à papa passe près de moi. Mon cœur se serre, ma gorge se bloque et j’ai mes yeux sont inondés. Je me revois, à cinq ans, au parc d’attraction avec ma mère, que je n’ai pas vu depuis mon départ de Montréal. Dans un élan de vive nostalgie, je l’arrête:
 
-Combien pour un sac?
-1 euro 50. Quelle couleur?
-Bleu, s’il-vous-plaît.
 
Je plonge ma main dans le nuage coloré et me goinfre sans gêne, ignorant le regard du troupeau qui m’injure parce que je n’avance plus. Je reste-là, immobile et dégustant chaque souvenir de mon enfance qui occupe toute l’espace disponible dans ma tête. La sueur coule sur mon visage et j’éprouve un grand stress à ne pas gâcher le reste de mon maquillage. Lorsque le sac est vide et que je rebondis dans la démente farandole, je suis étourdie et perdue. Quelqu’un me pousse promptement dans les bras d’un homme.
 
-S’cusez…
 
Je lève les yeux et mes genoux fléchissent tellement je suis embarrassée de toucher quelqu’un d’autre que mon mari. Il semble amusé d’avoir eu un contact privilégié avec ma poitrine. Pas moi.
 
-Bonjour, mademoiselle.
 
Il me sourit et hausse les sourcils. Je le maudit de tourner la situation à son avantage. Il veut me retenir, il s’agrippe à moi et je peine à respirer. Je tente de rester calme et de cesser les histoires d’horreur qui tournoient dans ma tête. On m’a prévenue que les hommes sont dangereux en France. Qu’ils ne peuvent pas contrôler leurs pulsions. Je me vois déjà à la une du Paris Match avec pour titre « Une immigrante du pays des Caribous, proche de Céline Dion, agressée en public ».

 

-Mademoiselle, attendez !

 

 Je me débats, je veux de l’espace et la foule est de plus en plus impénétrable. Je sais qu’il me pourchasse. Je veux me retirer à l’écart un moment pour signaler ce fou à la police. Je monte sur un monument pour lui échapper mais le talon de ma chaussure se casse et je m’écroule par terre.
 
J’ai mal mais je me relève. Lui échapper est plus puissant que ma douleur, je ne laisserai aucun psychopathe avoir raison de moi. Je guète l’horizon et une main agrippe mon bras encore une fois:
 
-Hey, mademoiselle…
-LÂCHEZ-MOI ! 
 
Mon cœur est gonflé de rage. Je suis prête à cogner mon poing sur sa mâchoire au premier commentaire déplacé. Il me demande de me calmer en formant, avec ses bras, un bouclier devant ce coup, prêt à s’envoler.
 
-Je voulais juste vous dire que vous avez le visage tout bleu !